Quels sont les dangers des insecticides du commerce ?

 

De nos jours nous avons recours très facilement à des produits pour nous débarasser des quelques fourmies pénètrant dans nos habitations, ou encore des puces envahissant nos animaux domestiques. Cependant il a été démontré que l’utilisation d’insecticides est particulièrement dangereuses et peut être à l’origine de maladies graves, et avoir un impact environnemental.

Chez l’homme, les conséquences immédiates d’une brève exposition varient d’un léger empoisonnement, marqué par des lésions de la peau, des vertiges ou des saignements de nez jusqu’à des troubles respiratoires, voire la mort. D’autres effets peuvent apparaître plusieurs années après l’exposition : cela va de lésions à des organes vitaux (foie, reins ou poumons), des troubles de la reproduction, la diminution de l'immunité jusqu'aux effets neurotoxiques.

Principales familles d'insecticides et leurs effets :

- Les organochlorés :

Lindane et endosulfan

Ils ont une atteinte neurologique. Ce sont des toxiques neurotropes qui altèrent le fonctionnement des canaux sodium, canaux ioniques spécifiques aux ions sodium, indispensables à la transmission de l'influx nerveux. En effet dans le système nerveux central, les cellules excitables maintiennent de façon active une différence de potentiel d'environ -70mV entre les milieux intra- et extracellulaires. Des protéines spécialisées, tels que les canaux sodium permettent d'inverser la polarité de ces cellules dans le but de propager un message nerveux le long de la cellule sous forme d'un potentiel d'action. Ainsi une altération de ces canaux sodium provoque la mort des insectes par ingestion ou contact. Ils sont ainsi neurotoxiques, mais également immunodépresseurs et fortement suspectés d’être cancérigènes.

- Les organophosphorés :

Diazinon, Malathion, Methoxychlor, dichlorvos

Ce sont des inhibiteurs de l'enzyme cholinestérase, qui est bloquée sous une forme inactive. Cette inhibition empeche la cholinestérase de dégrader les neurotransmetteurs acéthylcoline en acide acétique et en choline au niveau de la synpase neuro-neuronique. L'acéthylcoline s'y accumule donc. La réaction permettant aux récepteurs cholinergiques de revenir à leur état de repos après activation est alors inhibée. De plus le recaptage des produits de la dégradation par le neurone pré-synaptique n'est pas possible. Ce mode d'action indique la neurotoxicité des organophosphorés.

Bien que ces insecticides ne soient pas très nocifs pour l'homme lors d'utilisation non excessive, la plupart des insecticides trouvés dans le commerce peuvent l'être. En effet les organochlorés et les organophosphorés sont souvent utilisés en combinaison avec le DEET, diéthyltoluamide, répulsif efficace contre les insectes. Les chercheurs ont découverts que le DEET interagit avec ces familles d'insecticides en augmentant grandement leur toxicité, ayant alors des effets nocifs et dangereux sur l'homme. De plus ces substances sont stables et persistent alors longtemps dans les sols, tapis, mais également dans les graisses végétales. Nous pouvons noter que les insecticides commerciaux sont le plus souvent vendus sous la forme d'aérosols, qui sont particulièrement nuisibles car ils dispersent un fin brouillard facilement inhalable. Par ailleurs les insecticides commerciaux sont fortement suspectées d’être cancérigènes, provoquant leucémies, lymphomes.

Dangers accrus pour les enfants et les femmes enceintes :

De plus la plasticité cérébrale est très grande au cours de l'enfance. Elle est caractérisée par des connexions transitoires qui vont être remodelées au cours des premières années de la vie. Une altération dans le système nerveux due aux effets neurotoxiques des insecticides aurait donc une conséquence accrue pour l'enfant. Il en est de même pour les femmes enceintes, le développement du cortex cérébral se faisant au cours de la vie embryonnaire.

Impact environnemental :

Les composés toxiques des insecticides étant stables, ceux-ci persistent plus longtemps dans l'environnement, s'inscrustant dans les sols etc. Par ailleurs la production d'insecticide a également un impact négatif sur l'environnement. En effet les aérosols, type de conditionnement en aluminium consomment une grande quantité d'énergie lors de sa production et génère une masse de déchets non recyclables. De même les vaporisateurs sont présentés dans des bouteilles en PET qui ne sont pas recyclables du fait de la toxicité de ce qu'elles ont contenu.




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